Nouveau plan de départs en vue chez Prisma Media, 54 postes concernés
La direction de Prisma Media, premier groupe de presse magazine en France, a annoncé lundi un projet visant la suppression de 54 postes, moins d'un an après une précédente vague de départs, a-t-on appris de sources concordantes.
Outre "l'érosion du nombre de lecteurs de la presse magazine en France", l'éditeur de Femme Actuelle, Télé Loisirs, Voici, Capital ou encore GEO est confronté depuis 18 mois à un "phénomène nouveau", la baisse de ses "revenus digitaux", a expliqué à l'AFP la direction de Prisma Media, confirmant une information de La Lettre.
"Augmentation progressive des prix", "développement de l'offre numérique" et autres "mesures volontaristes" se sont avérées insuffisantes "pour enrayer la dégradation" de sa "compétitivité", justifie la direction.
Le projet envisagé conduirait à la suppression à l'automne de 54 postes sur 746 hors filiales Cerise, Digital Prisma Players et Côté Maison, ajoute-t-elle, sans préciser les métiers et titres concernés.
Le plan annoncé aux syndicats lundi avant un CSE (comité social et économique) jeudi, "aura vocation à limiter autant que possible le nombre de licenciements", avec notamment un dispositif spécifique de volontariat au départ, assure la direction.
Prisma Media promet en outre de mobiliser "les moyens" de sa maison-mère, le groupe Louis Hachette, né de la scission en décembre de Vivendi, "pour favoriser le reclassement des salariés".
"On va se donner la chance d'ouvrir des négociations pendant deux mois" pour limiter au maximum les "départs contraints", a indiqué à l'AFP Emmanuel Vire, délégué syndical SNJ-CGT.
L'année dernière, syndicats et direction avaient négocié une rupture conventionnelle collective (RCC), à l'origine de seulement 27 départs sur une soixantaine visée, a-t-il rappelé.
Selon lui, la présidente de Prisma Media, Claire Léost, avait par la suite proposé une nouvelle RCC portant sur 60 postes, refusée par les syndicats.
"La difficulté n'est pas de négocier de bonnes conditions pour ceux qui partent mais un avenir à ceux qui restent", a expliqué M. Vire, pointant une "angoisse réelle".
Depuis le rachat en 2021 de Prisma, via Vivendi, par le milliardaire Vincent Bolloré, "les salariés ont du mal à imaginer leur avenir", a-t-il insisté.
D'après lui, la clause de cession liée au changement d'actionnaire avait déjà conduit à "197 départs", dont certains n'ont "pas été remplacés". "On a perdu 120 postes de journalistes CDI", a-t-il déploré.