Centres de données et énergie ont porté l'investissement en France au 1er semestre, selon un rapport
Les centres de données et l'énergie ont dopé l'investissement dans l'économie française au premier semestre 2026, mais n'ont pu empêcher un ralentissement des créations d'emplois, selon une étude du cabinet Trendeo.
Lors des six premiers mois de l'année, "les investissements annoncés atteignent 209,6 milliards d'euros, soit quatre fois la moyenne des premiers semestres depuis 2009 en euros constants. Les data centers et l'énergie en concentrent 76%", indique cette étude publiée mercredi soir.
Malgré ce bond spectaculaire des investissements, la croissance de l'emploi fléchit au premier semestre, lors duquel il y a eu "+17.980 emplois nets annoncés, contre +26.066 en moyenne" depuis 2009 sur cette période de l'année, indique Trendeo, un fléchissement qui vient de créations d'emplois en retrait.
Le décalage provient notamment du fait qu'il s'agit à ce stade "d'annonces de méga-projets, donc à horizon plusieurs années", a indiqué à l'AFP David Cousquer, fondateur de Trendeo.
Concernant l'énergie, qui connaît également une accélération en matière d'investissements, l'anticipation des besoins d'électricité des centres de données "est un des éléments d'explication, mais le deuxième et qui est aussi important, c'est la volonté d'échapper à la dépendance des énergies carbone", pour des raisons environnementales et géopolitiques, a rappelé M. Cousquer, évoquant les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.
Concernant l'industrie dans son ensemble, l'emploi "se redresse, porté notamment par la défense et l'énergie", mais le solde de créations d'usines est en berne à "-40, avec 51 ouvertures pour 91 fermetures", soit "le pire premier semestre depuis 2013", affirme Trendeo.
Ces deux chiffres sont toutefois à relativiser, souligne M. Cousquer : la "petite reprise" de l'emploi industriel étant "due notamment au fait que le secteur de l'aéronautique et de la défense se porte plutôt très bien en ce moment".
Concernant la dynamique négative des usines, "dans les secteurs industriels qui vont mal, il y a des secteurs qui sont très déconcentrés comme les industries alimentaires par exemple", avec "beaucoup de petits sites qui ferment", selon M. Cousquer.
D'autre part, "la réindustrialisation devient plus sélective et plus capitalistique et la raréfaction du foncier industriel pèse", souligne l'étude.
"De plus en plus, l'investissement industriel se fait par extension de sites existants parce qu'on a du mal à trouver des nouveaux sites", conclut M. Cousquer, qui évoque notamment les effets de l'objectif de "zéro artificialisation nette" (ZAN) des sols, prévu par la loi Climat et résilience de 2021.