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Affaire H2O: les grandes étapes du scandale financier

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Dans l'un des scandales financiers les plus importants des dernières années, le gestionnaire de fonds H2O et ses dirigeants se voient définitivement condamnés en France à des amendes d'un montant total record de 93 millions d'euros.

La plus haute juridiction administrative en France, le Conseil d'Etat, a maintenu, dans sa décision du 13 juin, les amendes infligées fin 2022 par la commission des sanctions de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Retour sur les moments clefs de l'affaire H2O.

Révélations du Financial Times

Le 18 juin 2019, le Financial Times révèle que le gestionnaire d'actifs H2O Asset Management détient d'importantes positions dans des obligations illiquides liées au controversé homme d'affaires allemand Lars Windhorst via sa société Tennor Holding.

Dans la foulée, le groupe de recherche et d'évaluation financière Morningstar décide de suspendre sa notation d'un des fonds de placement du gestionnaire d'actif.

S'en suivent des sorties massives de capitaux, avec des demandes de rachats de 6,2 milliards d'euros en huit jours.

Fin août 2020, H2O annonce avoir suspendu huit de ses fonds représentant 1,6 milliard d'euros, en raison "d'incertitudes de valorisation" de certains titres.

Amende record

Le 30 décembre 2022, la commission des sanctions de l'AMF inflige une amende totale record de 93 millions d'euros à la société de gestion H2O et à ses dirigeants, pour avoir pendant plus de trois ans acquis des titres correspondant à de la dette privée Tennor pour 2,25 milliards d'euros.

La société britannique détenue encore en partie par la banque française Natixis se voit infliger 75 millions d'euros d'amende. S'y ajoutent 15 millions d'euros pour Bruno Crastes, son directeur général et 3 millions d'euros pour Vincent Chailley, directeur des investissements.

L'AMF pointe notamment le "défaut de liquidité" des titres acquis, et justifie sa décision par "la gravité des manquements", "l'implication des dirigeants dans la commission de ceux-ci" et par le "préjudice subi par les investisseurs résultant en particulier du blocage de leur épargne."

Conseil d'État

Après le revers infligé par l'AMF, H2O annonce en janvier 2023 déposer un recours devant le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative française, dénonçant une sanction "disproportionnée au regard du dossier".

H2O et ses dirigeants saisissent également le Conseil d'État afin qu'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soit adressée au Conseil constitutionnel, une procédure visant à faire annuler la décision de la Commission des sanctions de l'AMF.

En août 2023, le Conseil d'Etat a débouté les fondateurs de H2O, estimant qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer la QPC.

Concernant la procédure distincte qui concerne les amendes infligées par l'AMF contre H2O et MM. Crastes et Chailly, le Conseil d'Etat a, le 13 juin 2025, maintenu la décision de la commission des sanctions de l'AMF.

Tribunal de commerce de Paris

En parallèle, l'association Collectif Porteurs H2O, représentant initialement 6.000 investisseurs lésés, dépose en décembre 2023 une première assignation contre contre H2O Asset Management, Natixis Investment Managers, qui détient encore une partie de la société britannique, la filiale de Crédit Agricole Caceis ainsi que le cabinet d'audit KPMG.

L'action vise à obtenir réparation du préjudice subit, incluant les pertes de fonds investis, les dommages et les frais de justice, pour un total de plus de 800 millions d'euros.

Quelque 3.000 nouveaux investisseurs se sont joints à la procédure depuis.

L'audience au tribunal de commerce de Paris, initialement prévue en mai 2024, avait été renvoyée à octobre puis juin 2025 à la demande des avocats de la défense.

Remboursement des épargnants lésés

Après la décision de l'AMF, H2O commence à rembourser une partie des fonds cantonnés.

La société annonce en janvier 2023 un premier remboursement partiel à la suite d'un versement de 250 millions d'euros de Tennor. Le Collectif Porteurs H2O affirme que le montant total remboursé est en réalité d'environ 144 millions d'euros.

En janvier 2024, H2O indique que les fonds bloqués "vont distribuer de l'ordre de 70 millions d'euros" après que leurs valorisations ont été revues à la hausse fin décembre 2023.

H2O annonce en août 2024 une porte de sortie pour les épargnants dont les fonds sont bloqués depuis 2020, en rachetant leurs parts pour 250 millions d'euros. Près de 80% des épargnants détenteurs de fonds bloqués auraient accepté l'offre, d'après le gérant d'actifs.