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Les inquiétudes de Nissan compliquent les discussions Renault-Geely-sources

Les inquiétudes de Nissan Motor 7201 à propos des transferts de technologie ont compliqué le projet de son partenaire Renault RNO de vendre une part importante de son activité historique de motorisations thermiques au chinois Geely 175, ont dit à Reuters trois sources proches des discussions.

Le groupe au losange s'est lancé dans un double chantier complexe visant à assurer son avenir dans un secteur automobile en pleine révolution.

D'un côté, il cherche à refondre son alliance avec Nissan et à convaincre son partenaire japonais d'investir dans une nouvelle entité dédiée aux véhicules électriques nommée "Ampère". De l'autre, il entend céder une partie importante de son activité de motorisations essence, nom de code "Horse", à des partenaires, notamment Geely.

Les investisseurs espèrent avoir des précisions sur l'avancement de ces projets mardi lors d'un "capital market day" organisé par Renault à Paris. Le directeur général Luca de Meo publiera à cette occasion de nouveaux objectifs financiers pour le moyen terme.

Les inquiétudes de Nissan sur les brevets technologiques (IP), qui s'appliquent aussi à tout investissement potentiel du groupe japonais dans Ampère, laissent entendre que Renault devra négocier et éventuellement conclure les accords qu'il envisage, le tout en parallèle, ont ajouté les sources.

Nissan veut s'assurer que les points technologiques majeurs dont il est détenteur sur les motorisations thermiques et hybrides sont protégés en cas d'accord Renault-Geely, ont indiqué deux des sources.

Le groupe japonais souligne aussi la nécessité de traiter avec prudence une autre question, celle des transferts potentiels de technologies à une société chinoise, ont-elles ajouté.

Les trois constructeurs automobiles ont refusé de faire un commentaire.

BESOIN D'ECHELLE ET D'ÉQUITÉ

Les discussions entre Renault et Geely ont progressé lors de négociations à Londres le mois dernier, a dit une des sources, sans autre précision. Le directeur général de Geely, Daniel Li, était présent dans la capitale britannique pour ces négociations, mais il est revenu depuis en Chine, a ajouté la source.

Le groupe chinois, propriétaire de Volvo Cars et actionnaire de Daimler AG à hauteur de 9,7%, pourrait prendre une participation de contrôle dans l'entité Horse, ont rapporté des sources auparavant.

Le directeur général de Nissan, Makoto Uchida, a dit à Reuters que les discussions entre Renault et Nissan se sont poursuivies à Paris la semaine dernière et qu'il a échangé chaque week-end avec son homologue de Renault Luca de Meo.

C'est aussi en raison de ses inquiétudes sur ses droits technologiques que Nissan n'a pas encore trouvé d'accord préliminaire sur son investissement dans Ampère, notamment sur des brevets avancés comme les batteries solides, ont dit les sources.

Selon deux d'entre elles, les discussions portent notamment sur la nécessité de maintenir au sein de l'entité électrique toute technologie qui lui serait transférée.

Makoto Uchida Uchida a ajouté que l'objectif de Nissan était de trouver un partenariat restructuré et sur un pied d'égalité qui renforcerait la compétitivité des deux partenaires dans la transition vers les véhicules électriques.

Renault détient 43% de Nissan tandis que ce dernier ne dispose que de 15% sans droits de vote dans Renault. Des sources proches du dossier ont dit que les deux camps ont discuté d'une réduction de la participation de Renault dans Nissan, potentiellement vers 15%.

L'alliance Renault-Nissan, fondée vingt ans plus tôt et rejointe ensuite par Mitsubishi Motors 7211, a annoncé en janvier un plan d'investissement conjoint de 26 milliards de dollars dans l'électrification. Ce montant ne pèse que la moitié de ce que Volkswagen VOW compte investir de son côté.

Makoto Uchida a également dit qu'un accord avec Renault, qui optimiserait les investissements partagés, était important parce que l'échelle de l'investissement de l'alliance était toujours inférieure à celui, selon ses mots, d'un "géant de l'automobile", sans autre précision.

Le directeur général de Nissan a également déclaré que le groupe japonais voulait "un traitement équitable" de ses intérêts en cas de partenariat entre Renault et Geely, ajoutant que le passage à l'électrique n'allait pas à la même vitesse selon que l'on considère la Chine, les Etats-Unis ou l'Europe.

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