La fibre noire peut-elle faire de Verizon un gagnant de l'IA ?Verizon a publié un chiffre d'affaires opérationnel de 34,3 milliards de dollars pour le deuxième trimestre 2026. Les revenus totaux ont légèrement reculé de 0,7 % sur un an en raison de ventes d'équipements plus faibles. Le bénéfice ajusté par action de $1,30 a néanmoins dépassé les attentes du consensus. La direction a relevé ses prévisions de BPA ajusté pour l'ensemble de l'année dans une fourchette de $4,99 à $5,04. Le programme de transformation des coûts de 9 milliards de dollars se poursuit comme prévu. Les dépenses d'investissement (Capex) sont guidées entre 16,0 milliards et 16,5 milliards de dollars pour 2026. Le conseil d'administration a porté l'objectif de rachat d'actions pour 2026 à 4,5 milliards de dollars après avoir racheté pour 3,5 milliards de dollars d'actions au premier semestre. Les gains nets d'abonnés mobiles forfaitaires pour le grand public ont atteint un sommet en cinq ans.
L'élément le plus intéressant réside dans la couche d'infrastructures. Verizon a signé un accord de fibre noire (Dark Fiber) avec Google d'une valeur de plus d'un milliard de dollars. Google loue des brins non éclairés et y raccordent ses propres équipements optiques, conservant ainsi un contrôle de bout en bout. Verizon valorise ainsi ses capacités inutilisées avec un coût d'exploitation marginal minimal. Le PDG Dan Schulman prévoit la signature de nouveaux contrats d'infrastructure de plusieurs milliards de dollars avant la fin de l'année. Les anciens central téléphoniques sont convertis en sites d'inférence en périphérie (Edge Inference), réduisant la latence pour les charges de travail d'IA à proximité des utilisateurs finaux. Les partenariats avec Amazon Web Services et Microsoft étendent cette empreinte dans le Edge Computing.
La demande des institutions publiques constitue un second vecteur de croissance. Le département de la Défense des États-Unis (DoD) a retenu Verizon dans le cadre du contrat-cadre Spiral 4 pour des services de mobilité sans fil avancés. Une extension de contrat de 98 millions de dollars avec le DoD couvre des liaisons point à point sécurisées. Les Garde-côtes ont attribué un bon de commande EIS distinct de 66 millions de dollars. Des réseaux 5G privés reposant sur une architecture Zero-Trust équipent désormais des bases stratégiques de la défense. À l'international, une coentreprise à 50/50 avec BT Group associe BT International à la division fixe entreprise de Verizon. La plateforme sert plus de 3 000 clients multinationaux répartis dans 180 pays et génère environ 4 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel. Verizon a versé à BT une soulte de 625 millions de dollars pour finaliser cette structure.
La connectivité automobile valide commercialement la suite technologique. Verizon fournit des services 5G et LTE pour les nouveaux véhicules BMW et MINI aux États-Unis, la plateforme étant gérée par KDDI. Ce déploiement s'appuie sur un cœur de réseau 5G Standalone national conforme à la norme 3GPP Release 16, permettant le découpage de réseau (Network Slicing) pour les applications sensibles à la latence. L'activité en matière de brevets se concentre sur l'orchestration du cœur 5G, le RAN virtualisé (vRAN) et les fonctions réseau auto-cicatrisantes. La question pour les investisseurs reste de savoir si le marché continuera à valoriser Verizon comme un opérateur télécom mûr plutôt que comme un propriétaire d'infrastructures numériques.
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AT&T peut-elle survivre à l'assaut à 1,6 billion $ de Starlink ?SpaceX prend d'assaut le marché américain des télécommunications, estimé à 1,6 billion de dollars. L'analyste d'Oppenheimer, Timothy Horan, désigne AT&T comme l'opérateur le plus exposé. Starlink compte déjà plus de 10 millions de clients actifs dans plus de 160 pays. La présidente de SpaceX, Gwynne Shotwell, a confirmé le projet d'un service mobile grand public. L'offre fonctionnera sur des smartphones LTE standards sans matériel spécifique, ce qui place SpaceX en concurrence directe sur un marché mobile de 740 milliards de dollars.
Wall Street réévalue la menace en temps réel. Bernstein a abaissé l'objectif de cours d'AT&T de 30 $à 25$. Les actions d'AT&T et de Verizon se dirigent vers leur pire semaine depuis des années. Jim Cramer a déclaré aux investisseurs qu'il ne souhaitait posséder aucun de ces deux titres. Wells Fargo a prévenu qu'AT&T pourrait sombrer à mesure que l'utilisation de Starlink explose. En parallèle, SpaceX a versé environ 19,6 milliards de dollars à EchoStar pour acquérir des fréquences premium. Les licences AWS-4, H-Block et AWS-3 alimentent sa constellation direct-to-cell (direct vers le mobile).
L'enjeu profond réside dans une brutale asymétrie des coûts. AT&T supporte une lourde dette liée à la fibre, aux poteaux et aux pylônes qui exigent un entretien constant. Les taux d'intérêt élevés pèsent encore plus lourdement sur ce bilan hérité du passé. De son côté, SpaceX déploie ses satellites grâce à des fusées réutilisables à environ 550 kilomètres d'altitude. Cette prouesse physique permet d'obtenir une latence inférieure à 99 millisecondes avec des frais d'entretien filaire quasi nuls. Le nouveau terminal Starlink V5 ne consomme que 35 à 50 watts. Starshield ajoute quant à lui une couche de défense renforcée qui accroît la dépendance du Pentagone envers SpaceX.
AT&T ne reste pas inactive. Le directeur financier Pascal Desroches a évoqué la menace, et l'opérateur s'est associé à Verizon et T-Mobile dans un projet commun de normes direct-to-device. Pourtant, les alliances défensives évitent rarement les guerres de prix. Une bande passante orbitale moins coûteuse annonce une baisse du revenu moyen par utilisateur (ARPU). La question n'est plus de savoir si Starlink va bouleverser les télécoms, mais plutôt quelle part de l'avenir d'AT&T le marché a déjà condamnée.

